IMMERSION ENTRE LES PEUPLES - WORLD CONNEXION

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Mardi 24 septembre 2013 – « No sirve caminar » - ça ne sert à rien de marcher

Me voilà revenu dans la communauté, après quelques jours de repos à La Paz. Voilà, c’est la dernière fois que je viens ici. Le sentiment est un peu particulier car la despedida a eu lieu il y a une dizaine de jours, les membres de la communauté m’ont vu passer et repasser, se demandant pourquoi j’étais resté. La réponse, il la connaissait, il fallait que je fasse un dernier tour avec les ingénieurs pour vérifier les installations.

 

Bien que nous ayons laissé une semaine de plus à chacun pour terminer la douche, la majorité n’a pas terminé. Ce n’est pas grave en soi car nous verrons une quinzaine de douches en fonctionnement. Le reste des douches appartient aux résidents de La Paz et seront construites par des personnes ayant déjà construit la leur.

 

Voilà donc mon intervention qui touche à sa fin. Nous débrieferons après deux jours de visite et les toute l’équipe d’Inti Illimani nous remerciera pour avoir initié ce projet. C’est la première fois également qu’ils construisent autant de douches d’un coup, une phase de test donc, mais qui se conclura par un immense succès. Les bénéficiaires nous avoueront même qu’ils n’y croyaient pas lorsque nous avons distribué le matériel. L’eau chauffe à près de 45 °C en milieu de journée et chacun s’y retrouve.

 

Le tour de piste est fini.

Ciao Saparoma…


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Publié à 23:50, le 26/09/2013,
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Samedi 21 septembre 2013 – « No olvidamos nuestros hermanos muertos” – nous n’oublions pas nos frères morts

J’ai passé cette semaine à La Paz, histoire de m’y reposer après plusieurs semaines de courses et de travail à Saparoma. Oui, ça fait du bien de souffler un bon coup.

Malgré cela, la période est un peu particulière car les filles sont parties et je me retrouve seul après trois mois ensemble.

 

La semaine fut bien remplie mine de rien car après la pratique, il fallu s’attaquer à la comptabilité, aux factures et à l’administration liée à WARITA et à UNIDOS.

 

Une rencontre illumina cependant ma semaine. J’ai rencontré Javier alors que je devais retrouver mon amie Gladys à La Paz. Javier est un jeune bolivien, originaire d’El Alto, qui a passé une année à Besançon en France, et qui fait partie d’un groupe de rap appelé Nacion Rap. Alors que je lui explique qu’une session en studio ne me ferait pas de mal, pour échanger culturellement et prendre un peu de plaisir, il me dit qu’un événement doit avoir lieu ce samedi à La Paz et que je suis le bienvenu.

 

Après quelques échanges par mail avec Johnny Ola pour préparer deux instrumentales, me voilà prêt pour débarquer à cette soirée dont je ne sais rien. Il s’agira en fait d’une soirée en hommage aux hommes et femmes abattus par le gouvernement lors de la « Guerre du Gaz » de 2003. Cette année-là, des entrepreneurs découvrent la plus grande source de gaz du continent près de Tarija, dans le sud du pays. Les sociétés américaines et espagnoles s’emparent alors du marché et les habitants ne peuvent plus s’approvisionner tellement cette ressource devient cher. Des manifestations éclateront dans tous les pays et notamment à La Paz et El Alto où des barrages seront mis en place. A El Alto, des manifestants bloquent un bus de touristes qui devaient prendre son avion. Le gouvernement lancera une attaque contre ses opposants et trois personnes seront tuées dont une enfant de sept ans. Le pays se soulèvera ensuite pour manifester sa colère face aux agissements du gouvernement. Pour riposter, le Président enverra l’armée à El Alto et tuera 80 personnes qui manifestaient, avant de s’enfuir aux Etats-Unis où il réside encore. Evo Morales, en 2005, nationalisera les sociétés concernées.

 

Il y a une réelle emprunte de ce conflit en Bolivie et ce sont les jeunes, aujourd’hui, qui rendent hommage aux manifestants.

 

Ce concert sera l’occasion à plusieurs groupes locaux de soutenir le mouvement. Je ferai deux morceaux le poing levé, pour commencer la soirée, dont un sur la résistance à La Paz.

 

El Pueblo Unido Jamas Sera Vencido !J’ai passé cette semaine à La Paz, histoire de m’y reposer après plusieurs semaines de courses et de travail à Saparoma. Oui, ça fait du bien de souffler un bon coup.

Malgré cela, la période est un peu particulière car les filles sont parties et je me retrouve seul après trois mois ensemble.

 

La semaine fut bien remplie mine de rien car après la pratique, il fallu s’attaquer à la comptabilité, aux factures et à l’administration liée à WARITA et à UNIDOS.

 

Une rencontre illumina cependant ma semaine. J’ai rencontré Javier alors que je devais retrouver mon amie Gladys à La Paz. Javier est un jeune bolivien, originaire d’El Alto, qui a passé une année à Besançon en France, et qui fait partie d’un groupe de rap appelé Nacion Rap. Alors que je lui explique qu’une session en studio ne me ferait pas de mal, pour échanger culturellement et prendre un peu de plaisir, il me dit qu’un événement doit avoir lieu ce samedi à La Paz et que je suis le bienvenu.

 

 

Après quelques échanges par mail avec Johnny Ola pour préparer deux inst

rumentales, me voilà prêt pour débarquer à cette soirée dont je ne sais rien. Il s’agira en fait d’une soirée en hommage aux hommes et femmes abattus par le gouvernement lors de la « Guerre du Gaz » de 2003. Cette année-là, des entrepreneurs découvrent la plus grande source de gaz du continent près de Tarija, dans le sud du pays. Les sociétés américaines et espagnoles s’emparent alors du marché et les habitants ne peuvent plus s’approvisionner tellement cette ressource 

devient cher. Des manifestations éclateront dans tous les pays et notamment à La Paz et El Alto où des barrages seront mis en place. A El Alto, des manifestants bloquent un bus de touristes qui devaient prendre son avion. Le gouvernement lancera une attaque contre ses opposants et trois personnes seront tuées dont une enfant de sept ans. Le pays se soulèvera ensuite pour manifester sa colère face aux agissements du gouvernement. Pour riposter, le Président enverra l’armé

e à El Alto et tuera 80 personnes qui manifestaient, avant de s’enfuir aux Etats-Unis où il réside encore. Evo Morales, en 2005, nationalisera les sociétés concernées.

 

Il y a une réelle emprunte de ce conflit en Bolivie et ce sont les jeunes, aujourd’hui, qui rendent hommage aux manifestants.

 

Ce concert sera l’occasion à plusieurs groupes locaux de soutenir le mouvement. Je ferai deux morceaux le poing levé, pour commencer l

a soirée, dont un sur la résistance à La Paz.

El Pueblo Unido Jamas Sera Vencido !

 


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Publié à 23:26, le 26/09/2013,
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Lundi 16 septembre 2013 – « Ya esta ! Ahorita me voy a duchar » - Ca y est ! Je vais me doucher sans tarder

Lundi 16 septembre, après un court week-end passé à La Paz où il fut difficile de se remettre de cette soirée d’adieu à Saparoma (oui, dormir deux heures après une soirée bien arrosée, en plus à cette altitude, ne permet pas de récupérer comme il se doit), je reprends le bus à 6h30 du matin direction la communauté. En réalité, il s’agit de mon dernier périple là bas. Je suis accompagné des ingénieurs d’Inti Illimani et notre mission est de faire le tour des maisons pour vérifier chaque douche récemment installée.

 

Après une courte escale à l’école pour déposer nos affaires, nous prenons le chemin qui mène vers la maison de Froelan, un bénéficiaire très engagé qui a travaillé comme il fallait à chaque étape de construction. Ca tombe bien, il est chez lui. Il a monté les murs restants, installé le réservoir d’eau et le panneau solaire. Lorsque nous arrivons, il est tout juste en train de remettre en place ses canalisations d’eau chaude qu’il avait pris soin de démonter pour le reste des travaux afin de ne rien abîmer.

 

Alors qu’Isaac, notre ami ingénieur règle deux ou trois petites choses au niveau du flotteur, nous trépignons d’impatience. Comptez « un, deux, trois » et voilà, la première douche en fonctionnement dans l’histoire de cette communauté. L’eau est chaude et le débit est plus que raisonnable. Froelan me sourit et me serre la main en me disant qu’il va pouvoir se doucher aujourd’hui mais qu’il attendra ses enfants pour l’occasion, comme si une certaine fierté se dégageait, comme s’il avait réussi quelque chose de grandiose.

 

Et si nos yeux brillaient, ils n’étaient rien par rapport à ceux de Froelan, ni même ceux de Mamaco, cette grand-mère que nous apprécions tous ici et qui, en voyant l’eau couler, a du comprendre que le futur de la communauté ne ressemblerait pas au 80 années qu’elle a vécu ici… Son sourire en disait long sur ce qu’elle pensait et nous, nous avons réussi notre pari. Elle ne sera pas la seule, chacun passant par là viendra découvrir le résultat de plusieurs semaines de travail, avec un soupçon de curiosité.

 

Les douches de Lucho et de Raymundo suivront. L’eau coule et les sourires pleuvent.

 

En voyant l’eau couler et les regards qui se croisaient, j’ai immédiatement pensé aux filles qui, à un jour près, n’ont pas pu goûter à ce plaisir. J’ai aussi pensé à vous tous qui nous avez soutenu, qui avez soutenu UNIDOS et son projet. J’ai pensé à Evelyne, Présidente de WARITA, qui se démène depuis tant d’années pour donner un peu de chaleur à ces quelques familles. J'ai pensé à mon père et à ma mère, qui se sont démenés depuis trois mois pour la gestion de l'association. J'ai pensé à Pascal, sans qui tout ça n'aurait pas été possible,  bien évidemment.

 

Nous y sommes arrivés. Cette journée aura été magique. Ces trois mois auront été magiques.

 

Malgré tout cela, la majorité de la communauté n’aura pas eu le temps de travailler. Nous déciderons donc, avec les ingénieurs, de revenir la semaine prochaine pour voir l’ensemble des installations terminées.

Ce sera l’occasion de revenir, le plaisir continue.


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Publié à 21:21, le 17/09/2013,
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Dimanche 15 septembre – « Feliz cumpleanos hermano » – bon anniversaire mon frère

Je profite de cette date et de mon repos à La Paz pour saluer mon frère Mourad, compagnon d’écriture pendant tant d’années. Si nos textes ont fait le tour du monde, c’est aussi ce qui m’a poussé à le découvrir vraiment.

 

« Comme une hélice tournoyante, mon écriture est frénétique,

Je balaye d’une ellipse tout ceux qui freinent mon éthique »

 

Excellent anniversaire et que la route soit longue.


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Publié à 20:20, le 17/09/2013,
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Vendredi 13 septembre 2013 – « Quedate aqui pues ! No queremos que te vayas » - Reste, voyons ! On ne veut pas que tu partes

C’est un jour particulier aujourd’hui… Il s’agit de notre despedida, notre « soirée de départ ». Dans ce pays, la despedida est une étape importante car elle marque la fin d’une relation, en l’occurrence d’une amitié, d’une collaboration et d’un partage qui, semble-t-il, ne s’arrêtera jamais.

 

Si des mots sans égal nous sont parvenus, si des pleurs, des sourires et des regards chaleureux nous ont été envoyés, nous devons quitter cette communauté pour voir plus loin, encore et toujours. Cette aventure aura été la première d’une longue épopée sur ce continent rebelle et majestueux. La dureté de la vie n’est rien comparée à la volonté d’aller de l’avant, chaque jour, pour les enfants de ces communautés.

 

Pour cette soirée, nous avons cuisiné du poulet au four, accompagné de sa pomme de terre, de sa banane plantain et de sa petite salade. La communauté nous a remerciés pour notre investissement et pour notre présence, en nous offrant deux caisses de bière. Ca peut paraitre anodin mais c’est beaucoup ici. J’ai apprécié le discours de mes deux comparses, Gaëlle et Jenny, la première toujours égale à elle-même, c'est-à-dire forte et souriante face à ceux qui lui auront mené la vie dure de par leur machisme. La seconde, parce qu’elle aura prit la parole devant tous, et que ces derniers auront apprécié.

 

« Vous êtes les enfants de cette communauté »nous a-t-on dit, ce qui est une grande fierté pour nous trois. Etre accepté comme tel, à l’autre bout du monde, c’est ce qui nous pousse à poursuivre notre chemin.

 

C’est aussi la fin d’une histoire entre nous trois, une histoire partagée tous les jours, à travailler pour arriver à nos fins. Si je connaissais déjà très bien l’une de mes deux amis, j’ai appris à découvrir la seconde dans ce métier. Je leur suis très reconnaissant car sans elle, rien n’aurait été possible vue l’envergure des projets que nous avons mené.

 

Muchissimas gracias cholitas. Que se vayan bien en este mundo, en Chile y en su camino !


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Publié à 19:52, le 17/09/2013,
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